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Roman
Plonger le regard
Virgil survit de petits trafics sur Paraxial, le réseau de communication où réel et illusion tendent à se confondre. Cléa lui propose de récupérer son héritage : un casque resté sur la lointaine Fhunka, une planète presque entièrement recouverte d’océans.

Mais quelque chose ne correspond pas à ce que Cléa lui a raconté. Et plus Virgil cherche à comprendre ce qu’il tient entre ses mains, plus ses certitudes semblent se déformer.

Sur Fhunka, il suffit parfois de plonger le regard sous la surface pour découvrir un autre monde. Des créatures surgissent des profondeurs. Des cités-vaisseaux témoignent d’une gloire oubliée. Et derrière ce que Virgil croit voir se cache peut-être encore autre chose.

Mais alors qu’il est absorbé par ces visions fascinantes, une immense vague s’élève, muraille de données prête à s’abattre sur lui.

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Roman
Prologue
Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4

Plonger
le regard

dans son reflet sur l'océan
et y voir d'étranges choses



Extrait

Prologue

SUR UNE BRETELLE d’autoroute, des véhicules foncent, crachant leurs fumées dans un air saturé par leurs gaz nauséabonds et leur vacarme assourdissant. Près du flot incessant des bolides, un homme est assis sur un remblai bétonné au pied d’un pont. Virgil ne semble pas porter attention au torrent mécanique qui se déchaîne sous ses pieds. Au contraire, avec sa chemise à manches courtes – aux motifs fleuris – et son sourire béat accroché au visage, il regarde passer un avion dans le ciel gris sale.

Il est assis sur une affiche représentant le sable d’une plage exotique avec ses coquillages et ses étoiles de mer. L’image est grossièrement plaquée au sol par du gros adhésif marron. Au travers de ses lunettes de soleil bardées d’électronique, son regard est perdu dans le vague. Pour lui, les odeurs des pots d’échappement, le raffut des véhicules et l’autoroute, tout s’est évanoui. La photo sur laquelle il est assis est le point de départ d’une plage à Maracas Bay, sur l’île caribéenne de la Trinité ; un des endroits idylliques qu’il ne visitera probablement jamais.

Ses pieds nus, aux côtés desquels sont posées des baskets qui ont déjà trop vécu, sont doucement léchés par les vagues holographiques. Des ersatz de cocotiers, caricatures aux troncs en forme de poire et aux feuilles à l’aspect caoutchouteux, sont plantés à la place des piliers du pont d’une des voies rapides. Seul l’avion est encore visible dans ce monde fictif. Dans un ciel peint d’un bleu intense, l’aéroplane file sans plus de fumée vomie par ses turbines. Virgil profite du soleil artificiel en écoutant les mouettes.

Chapitre 1